Militantes de l'UNFT

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Pionnières de la vie associative, les militantes ont marqué l’histoire de l’UNFT:

Asma Belkhodja-Rébaï, une pionnière du mouvement féministe tunisien (1930-2011)

Asma Belkhodja-RébaïNée à Hammam-Lif en 1930 dans une famille patricienne d’origine turque qui a donné à la Tunisie une lignée de théologiens de renom, Asma Belkhodja a pris très tôt conscience de la condition déplorable de la femme tunisienne à travers l'attitude de son père, pourtant ancien sadikien, vis-à-vis de son  épouse et de ses enfants. Ce père n’avait rien d’un monstre. Aimant et attentionné, il partageait, néanmoins, avec les hommes de sa génération un mépris total pour les femmes qui l’avait conduit à priver d’instruction ses filles.

Lorsqu’il mourut, Asma avait 13 ans et son instruction se limitait à des connaissances de base de la religion et de la littérature arabe. Ses sœurs, plus jeunes auront plus de chances. Elles seront scolarisées après la disparition du père. Mais les privations qu’elle avait connues ont permis à leur soeur aînée de se forger une forte personnalité. Alors qu’elle entrait à peine dans l’adolescence, elle adhéra à la première association féminine tunisienne, l’Union des Femmes musulmanes, fondée par une autre hammam-lifoise, Bchira Ben Mrad, fille du Cheikh El Islam, Mohamed  Salah Ben Mrad. Elle y fera la rencontre de sa vie, son futur mari, Azzouz Rébaï, l’étoile montante du Néo Destour qui sera également son mentor. Ils  convoleront en justes noces le 31 décembre …1954.

Dans l’intervalle, ils seront happés par l’action politique. Devenue militante destourienne, Asma Belkhodja sera de tous les combats, prenant part aux meetings au côté de Ferhat Hached, notamment, participant aux manifestations organisées par le parti comme celle du 15 février 1952. Elle sera arrêtée  avec d’autres militantes  et fera dix huit mois de prison avant de passer en jugement. Après l’indépendance, elle sera l’une des fondatrices de l’UNFT en 1958. Aïcha Bellagha en sera la première présidente et Asma Belkhodja, la secrétaire générale. Cependant sur injonction du parti, la présidente sera forcée de démissionner et remplacée par Radhia Haddad. Ce sera la première interférence  du Destour dans les affaires intérieures d’une organisation nationale. En signe de protestation, Asma Belkhodja démissionnera. Ecœurée, elle se retirera de la vie publique.  

Mme Khadija Tabben (29 août 1925-10 février 1995) :

Mme Khadija Tabben est l’une des fondatrices de l’UNFT. Elle a consacré sa vie à défendre les droits de femme. Membre du comité central, elle a développé les sections locales de l’UNFT et a été à l’initiative de la création du centre de formation professionnelle de Hafsia.
Son parcours fut très riche. Elle est le symbole de la femme tunisienne de cette époque.

Mme Aïcha Belegha :

Elle est née en 1916, période ou certains étaient pour et d’autres contre la libéralisation de la femme. En 1937, elle fut la troisième femme tunisienne à avoir obtenu le baccalauréat.

Elle s’est engagée très tôt dans la vie associative. Elle fut membre fondateur de quelques organisations : association pour l’éducation et la famille, organisation des droits de l’homme, organisation féminine africaine.

Elle fut présidente fondatrice de l’UNFT de 1956 à 1958, date du premier congrès de l’UNFT.

Mme Radhia Haddad :

Elle est née le 17 mars 1922 dans une famille conservatrice. Elle a fondé l’association des amies des scouts et a joué un rôle de premier plan dans la direction de l’UNFT, puisqu’elle fut présidente de l’Union de 1958 jusqu’en 1972. Elle créa également la revue de l’association.

« L’histoire retiendra que j’ai passé les plus belles années de ma vie à sillonner le pays dans tous les sens, sacrifiant avec abnégation totale ma jeunesse et ma famille, pour en faire en sorte que la promotion de la femme soit une réalité. Je l’ai fait par conviction. Je l’ai fait bénévolement…Côtoyant chaque jour la misère humaine, j’avais voulu donner l’exemple du volontariat aux cadres de l’organisation que je dirige… ».

Mme Wahida Belhaj

Il y a des personnes qu’on ne peut jamais oublier même si elles quittent ce bas monde pour aller dans d’autres cieux. Elles nous ont tellement marqué, par leur gentillesse, leur sociabilité et leur charisme qu’elles sont devenues des exemples pour leurs semblables. Wahida Belhaj est parmi celles là. C’était l’image que gardaient toutes les familles tunisiennes au lendemain de la création de la télévision nationale. Rassurante et avec un sourire complice, elle venait les soirs, hivers comme étés, informer les téléspectateurs sur leur programme télévisé et partager la soirée avec des milliers de téléspectateurs accordés à leur poste de télé qui constituait à l’époque le seul élément de loisirs.

Wahida Belhaj est connue aussi dans les cercles des associations à travers ses actions à l’UNFT, aux femmes communicatrices, aux auberges de jeunesse, à l’Association des mères et à l’Association des dons d’organes… avec son cœur étant une femme sensible à la condition humaine. Nous perdons, en Wahida Belhaj, un visage familier dont le souvenir restera vivace dans l’esprit de tous ceux qui l’ont connu.

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