|
22 octobre 2008 : Journée Mondiale de la Femme Rurale
Préservation des ressources naturelles et du climat
Téléchargez le programme
L'Union Nationale de la Femme Tunisienne a organisé, le 22 octobre 2008, à Tataouine, une conférence nationale sur "les changements climatiques et la contribution de la femme rurale à la solution de ce problème". Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la journée mondiale de la femme rurale.
Ouvrant cette manifestation, M. Abdessalem Mansour, ministre de l'agriculture et des ressources hydrauliques, a souligné le rôle de la femme rurale dans le développement durable comme en témoigne l'évolution qualitative du nombre de la femme travaillant en milieu rural. Ainsi, le nombre des exploitations agricoles développées par les rurales a sensiblement augmenté, au cours des dernières 14 années, au taux de 25%. Le nombre des femmes investisseurs dans le secteur agricole a également augmenté et est passé de 15 en 1992 à 2597 en 2007.
Il a indiqué que la Tunisie a réalisé une étude prospective approfondie sur les changements climatiques prévus et leurs effets éventuels sur le secteur agricole et les écosystèmes, ce qui a permis de mettre en place une stratégie nationale axée sur un ensemble de mécanismes permettant d'adapter l'agriculture aux changements climatiques.
Le ministre a recommandé d'intensifier les efforts de sensibilisation de la femme à la protection de l'environnement, le but étant d'éviter l'abattage des arbres, les pâturages anarchiques et d'assurer une bonne gestion des ressources naturelles (sol, eau, énergie).
Il a appelé à promouvoir les qualifications et le savoir faire des femmes rurales et à valoriser ses travaux et produits (articles d'artisanat et produits bio moins) à travers l'organisation d'expositions-ventes.
« La femme rurale a bénéficié, en Tunisie, d’un intérêt particulier qui a fait d’elle un acteur agissant dans le processus de développement », a souligné Mme Aziza H’tira, présidente de l’UNFT.
La Tunisie a, à cet égard, toujours œuvré à l’instauration d’une société équilibrée profitant à toutes les franges de la population, notamment la femme. Plusieurs mécanismes ont été créés, afin de contribuer à sa réussite et à l’aider à vivre dignement.
On relève, en particulier, la stratégie nationale de promotion de la femme rurale, les mécanismes de financement de projets, ainsi que l’importance particulière accordée à la formation de la jeune fille rurale en multipliant les centres de formation.
Dans ce même ordre d’idées, la présidente de l’UNFT a mis l’accent sur le rôle considérable que joue la femme rurale dans le développement durable et l’adaptation au changement climatique, et ce en participant, notamment, à des activités permettant la préservation des ressources naturelles, la maîtrise de l’énergie, la protection de la variété biologique et la lutte contre la désertification.
A signaler, dans ce contexte, que pour garantir une implication efficiente des femmes rurales au développement durable et à la protection des écosystèmes, des actions ont été entreprises en leur faveur dont leur implication dans la prise de décisions concernant l’environnement, l’intégration d’une éducation environnementale, la valorisation des activités féminines en matière de gestion et de conservation des ressources naturelles et la mise en valeur du savoir et du savoir-faire au service du développement et de la protection de l’environnement.
De son côté, Mme Juliette Haj, représentante du programme de développement de l’ONU en Tunisie a salué l’effort considérable que ne cesse de déployer l’Etat en faveur de la promotion de cette frange sociale. « La politique tunisienne en matière de promotion de la femme rurale et de son insertion dans la sphère de développement représente un modèle à suivre », a-t-elle signalé. Et d’ajouter : « La femme rurale, en Tunisie, constitue un acteur déterminant dans l’approche globale du développement durable en étant à la fois actrice et bénéficiaire. Sa participation dans le développement, sa contribution spécifique dans la production et son implication dans la gestion des ressources naturelles et environnementales la rendent directement concernée par le développement durable et la promotion de la qualité de vie de son pays.
M.Fayssel Zammouri, président de l’association des jeunes de Zammour, a présenté l’expérience de l’AJZ « La valorisation du savoir-faire local de la femme rurale ben matière de gestion des ressources naturelles et l’adaptation aux changements climatiques ». Vu l’importance du savoir-faire local des femmes paysannes en matière d’adaptation avec leurs milieux arides, l’AJZ et avec le soutien de ses partenaires financiers et techniques (PME/FEM, CCFD, IRA de Médenine, CRDA de Médenine), se base dans la réalisation de ces projets environnemental et de développement, sur les techniques traditionnelles de conservations des eaux et des sols par la valorisation de ce savoir-faire et son application dans sa stratégie de développement local (élaboration d’un rapport sur le recensement du savoir-faire local en matière de préservation des ressources naturelles).
Il a ajouté que pour assurer un environnement durable par l’exploitation intelligente de la richesse naturelle et la valorisation du savoir-faire local de la femme en matière de prévention des risques de catastrophes et changements climatiques, plusieurs pratiques ont été réalisées par les femmes Zammouriennes à travers les projets réalisés par l’association.
A titre d’exemple, nous citons l’innovation de Mme Reguaya Zammouri du village de Zammour (Médenine). Cette vieille femme de plus de 70 ans utilise des bouteilles en plastique de 1,5 litres, pour irriguer les plants de pastèque et de melon. Chaque bouteille est enterrée à moitié, le bouchon en bas (avec 1 à 3 trous d’épingle) juste à côté de la plante.
La bouteille est remplie à partir d’une citerne d’eau pluviale (puisage traditionnelle à la main).L’eau s’infiltre petit à petit au niveau des «racines et échappe à l’évaporation (très intense dans cette région du Sud de la Tunisie).Cette innovation est très intéressante et peut être améliorée et vulgarisée. En fait, cette technique permet une irrigation localisée et souterraine des plants de melon et de pastèque et assure une production importante (Cette technique a été développée par le laboratoire de recherche de l’IRA Médenine 1999).
Dans une conférence sur les mécanismes nationaux incitant la femme rurale à une participation au développement durable, Mme Jazia Hammami, membre du bureau exécutif de l’UNFT a affirmé que la politique tunisienne vise à intégrer la femme, et en particulier la femme rurale dans le circuit économique. En témoignent les multiples mécanismes créés par l’Etat en faveur de sa promotion, la protection de ses droits et la garantie de son intégration.
L’intervenante a cité, notamment, les programmes nationaux d’intégration économique, dont le FSN, les mécanismes d’intégration et de perfectionnement professionnel, le programme national d’enseignement pour adultes…
Citant l’exemple de la femme agricultrice, elle a noté qu’elle est en train de jouer un rôle primordial dans la promotion du secteur agricole. Elle ne cesse de marquer sa présence efficiente dans ce secteur en contribuant à garantir l’autosuffisance alimentaire familiale et à améliorer le revenu de sa famille.
En témoignent l’évolution du nombre des femmes chefs de projets agricoles, ainsi que la part des femmes actives dans le domaine agricole.
La femme agricultrice a bénéficié, selon Mme Hammami, de multiples programmes d’encadrement, de formation garantissant le perfectionnement de ses compétences.
La présidente de l’alliance Femme et environnement, Mme Leïla Bahri, a expliqué dans une intervention sur la femme rurale et les changements climatiques qu’en Tunisie, un réseau d’organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux, qui ont pour mission la sensibilisation de la population en ce qui concerne le développement durable et les changements climatiques est en train de s’élargir.
Ces structures oeuvrent, notamment, à améliorer la capacité de production des femmes rurales, à accroître les investissements dans la recherche scientifique en la matière et à accentuer les efforts de sensibilisation quant à leur rôle dans la protection de l’environnement et des ressources naturelles.
A signaler, que d’après la FAO, les femmes produisent plus de 50% des cultures vivrières de la planète, qu’en Afrique, plus de 80% des aliments sont produits par des femmes et qu’en Asie, ce taux est de 60%.
En marge de cette conférence, une exposition de produits agricoles, artisanaux et d’habit traditionnel a eu lieu, donnant une image expressive de l’importance de l’effort de la femme rurale dans la vie économique ainsi que sa détermination à prouver sa capacité de réussir et d’être un partenaire agissant dans le processus de développement.
|