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18 décembre 2008 : conférence nationale sur la participation de la femme à la vie publique
De son côté, Mme Aziza H’tira, présidente de l’UNFT a prononcé une allocution.
« Au nom de Dieu clément et miséricordieux
M le gouverneur de Tunis
M le Secrétaire général du comité de coordination du RCD de Tunis Medina
Mesdames et Messieurs, honorables invités de l’ensemble de la république
Je voudrais tout d’abord, souhaiter, au nom de mes consoeurs au bureau exécutif et de toutes les structures de l’UNFT, la bienvenue à M. Mohamed Ghariani , Secrétaire général du Rassemblement Constitutionnel Démocratique et lui exprimer nos remerciements pour avoir répondu à notre invitation pour présider l’ouverture des travaux de la présente conférence sur « la femme et la participation à la vie publique » que nous organisons en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement et les structures qui en relèvent et ce dans le cadre de la célébration par notre pays , à l’instar de la communauté internationale du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme que la Tunisie fête fière de ses réalisations grâce à la bonne gouvernance du Président de la République.
M le Secrétaire général
Mesdames et Messieurs, honorables invités
L’étude du thème : « la femme et la participation à la vie publique » au cours de notre conférence représente un prélude méthodologique à l’examen de la situation de la femme tunisienne, en cette étape civilisationnelle marquée par de nombreux changements et mutations dont le mérite est d’avoir montré que la participation de la femme à la vie publique constitue le mécanisme le plus indiqué pour la réalisation du développement et la concrétisation de la démocratie dans sa dimension globale.
L’attention accordée à ces questions vitales représente un signal lumineux sur la voie de l’évolution de la condition de la femme d’autant que l’humanité affronte en ce 21ème siècle des défis décisifs inhérents à l’économique, au technologique, au culturel et au social, c'est-à-dire ayant trait à l’édification de l’avenir de l’homme , à la consécration des valeurs d’égalité et de modernité et à la concrétisation des stratégies avant-gardistes issues du 4ème sommet international sur la femme à Pekin en 1995.
Mesdames, Messieurs
Consciente des dimensions fondamentales de ces différentes questions et convaincue profondément de l’importance du rôle de la femme dans la société, la Tunisie ne cesse d’œuvrer, avec foi, persévérance et compétence, sous la direction du Président Zine El Abidine Ben Ali, à consacrer une vision globale en matière de développement où les dimensions économique et sociale sont étroitement liées et où le développement et la démocratie sont indissociables.
Partant de ce constat, la femme est considérée comme un fondamental stable dans la dynamique de développement social, économique et politique et un facteur essentiel dans l’action de développement global.
En concrétisation de ces orientations, la présence de la femme au sein des différents domaines de la vie publique a connu une mutation qualitative sur la base d’une volonté politique réformiste constante et profondément convaincue qu’il ne peut y avoir de progrès dans la société sans la femme et que la liberté de la femme et son essor sont indissociables de ses activités sociales et de sa participation à la vie publique.
La Tunisie a mis en place des législations avant-gardistes concrétisant l’égalité en devoirs et en droits entre l’homme et la femme dans la vie civile et politique et consacrant l’égalité pour ce qui est des droits économiques et sociaux, dont en particulier le droit de la femme au vote et à la candidature aux élections , son droit à l’emploi et à la promotion professionnelle et son droit à l’enseignement outre ses droits fondamentaux à décerner la nationalité, au statut personnel et à la gestion des affaires des enfants au sein de la famille.
Cet ensemble de lois fondamentales a abouti à l’instauration d’un pacte de partenariat entre la femme et l’homme, dans notre société, avec ses différentes institutions, où il n’ y a point de différence entre la place de la femme au sein de la vie familiale et sa place au sein de la vie publique, et ce, en consécration de la conviction selon laquelle il n’est pas logique que la femme soit considérée comme l’un des piliers de la famille et qu’elle ne soit pas perçue pour autant comme un fondamental essentiel dans l’édification du pays.
L’évolution de la participation de la femme à la vie publique (économique, politique et associative) ne relève pas du hasard. Elle constitue plutôt le prolongement naturel de l’approche de développement et de civilisation globale à laquelle la Tunisie a adhéré, avec conscience et aptitude, en vue de promouvoir la condition de la femme et de la hisser au statut du partenariat et de l’égalité totale pour ce qui est des droits et des devoirs, ce qui a eu pour effet que la situation de la femme dans notre pays a progressé d’une manière cohérente et équilibrée au sein de la famille, dans la vie économique et dans la vie publique, politique et civile.
Mesdames, Messieurs
L’impulsion effective et concrète de la femme sur la voie de l’égalité et de la participation équitable avec l’homme dans les divers domaines de la vie publique ne peut se concrétiser qu’ à travers une action collective, celle des organisations, des partis politiques, des individus et des intellectuels, sur la base d’une vision stratégique complémentaire en vue de l’éradication de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme dans tous les domaines en partant de la famille jusqu’aux espaces de la vie professionnelle, politique et publique, eu égard au fait que le concept de la citoyenneté effective commande que les femmes et les hommes bénéficient des mêmes droits et accomplissent les mêmes devoirs dans tous les secteurs, sans privilège ni discrimination .
Il ne peut y avoir de place pour la femme au sein de la famille et de la société, sans qu’elle ait un rôle agissant et effectif qu’elle assure dans un climat d’égalité avec son partenaire l’homme et ce en vue d’édifier le présent et de relever les défis à venir.
La Tunisie est fière d’être le pays arabo-islamique qui a réussi à transgresser certains tabous et fausses causes pour ce qui est de la condition de la femme au sein de la famille et de la vie publique et ce sur la base d’une approche réformatrice et d’ijtihad éclairé passant par l’association de la femme- la moitié de la société- à la prise de la décision interne. Les sociétés qui marginalisent les femmes et les excluent de la sphère de l’opinion et de la prise de décision ne peuvent en aucune manière contribuer à la production de l’histoire et de la civilisation.
Partant de notre conscience quant au rôle que nous avons à assurer, l’Union nationale de la femme tunisienne prend l’initiative d’organiser la présente conférence sur un sujet aussi important que la participation de la femme à la vie publique, au moment où la Tunisie célèbre, à l’instar de la communauté internationale, le 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.
La valorisation de la position de la femme et de son rôle dans la vie publique apparaît aujourd’hui comme une nécessité à la lumière des nouveautés civilisationnelles et des mutations internationales et régionales, surtout que les différentes approches s’accordent à souligner l’importance du rôle de la femme en matière de réalisation du développement, de construction démocratique, de consécration de la modernité et de renforcement des attributs de la stabilité et de la paix.
Ces mutations d’aujourd’hui montrent, en effet, que l’invulnérabilité et l’essor des pays ne se mesurent plus, du fait de la formidable révolution technologique et la mondialisation, à leurs richesses matérielles mais plutôt à leur capacité de communication fertile, de solidarité agissante, de maîtrise du flux des informations et d’élargissement de l’aire de participation des individus à la vie publique.
Ces positions et ces significations représentent les références fondamentales des travaux de notre conférence, de manière à permettre d’analyser les dimensions du rôle social, économique et politique de la femme, à la lumière des spécificités du modèle tunisien, avec ce qu’il comporte comme vision réformatrice éclairée et démarche rationnelle dans le but de renforcer les fondements de la démocratie et des droits de l’homme et de garantir les attributs du développement global et durable.
Et c’est pourquoi nous nous sommes attachés à ce que notre conférence dépasse les clichés artificiels- entre la théorisation et la pratique qui diluent généralement les symposiums de réflexion- en orientant nos travaux sur le sujet de la femme et la vie publique en essayant de réconcilier ces deux dimensions, en mettant en valeur les spécificités de notre réalité et les acquis réalisés et en prospectant les changements, les opportunités ainsi que les défis qu’ils engendrent.
En optant pour cette démarche, nous aspirons à réaliser les objectifs suivants :
-Examiner la place de la femme dans la vie publique à travers ses différentes institutions et ses mécanismes, envisager les perspectives en tenant compte de mutations et mettre en œuvre des stratégies à même d’améliorer cet aspect.
-Présenter des expériences de la femme en matière de renforcement de son rôle dans la vie publique et déterminer la relation dialectique entre la construction de l’être et la construction de la décision dans le processus de l’évolution de la femme.
-Mettre en valeur la spécificité de l’expérience de la participation de la femme tunisienne à la vie publique et élaborer des recommandations en vue d’enrichir davantage ses acquis et de renforcer sa présence au sein de la vie publique.
Notre espoir est réel que la présente conférence contribue à impulser encore plus cette démarche et à souligner, de nouveau et avec vigueur, les principes consacrant les droits de la femme pour davantage de partenariat et d’égalité avec l’homme dans les centres de décisions et les structures de la société civile, de manière à ce que la femme contribue activement à l’instauration d’une société civile,agissante , d’une société équilibrée, tolérante, enracinée dans son identité civilisationnelle et ouverte sur la modernité.
Notre souhait est que la présente conférence contribue à la cristallisation de ces objectifs et à leur concrétisation à travers une vision scientifique et pratique qui servira le processus démocratique pluraliste en Tunisie qui représente un choix irréversible.
En conclusion, je voudrais remercier encore une fois, M. Mohamed Ghariani, Secrétaire général du RCD ainsi que tous ceux qui nous ont aidé à l’organisation de la présente conférence et ceux qui ont répondu à notre invitation pour y participer.
Merci pour votre attention »
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