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8-9-10-11 mars 2010 : Conférence sur la représentation parlementaire de la femme

Les interventions

Mme Rafiaâ Ben  Ezzedine,  présidente de circonscription à la Cour de Cassation de Tunis, a évoqué dans son intervention les réalisations et les acquis législatifs réalisés au profit de la femme tunisienne. L’Islam a interdit l’enterrement des filles et a attribué à la femme le droit d’hériter, de posséder des biens et de les gérer.

Depuis la conquête islamique, la famille tunisienne s’est habituée aux valeurs de tolérance. Les sociétés arabo-musulmanes ont subi la régression qui a régné pendant des siècles. La femme a enduré les répercussions de ce déphasage culturel. Une décadence qui fut soutenue par le colonisateur. En Tunisie, des pionniers comme Kheiredine Pacha, Abdelaziz Thaâlbi et Tahar Haddad ont soutenu la cause de la femme et ont appelé à son affranchissement du fardeau des traditions réactionnaires. La promulgation du Code du Statut Personnel en 1956 avait interdit la polygamie, fixé l’âge de mariage pour la fille à 17 ans, attribué la tutelle des enfants à la mère en cas du décès du père… Depuis le Changement, la Tunisie a édifié une société moderne et modérée qui croit en l’égalité de deux sexes. Toute une stratégie a été mise en place avec la promulgation de nouvelles lois afin de soutenir la femme et l’aider à s’imposer dans la société en tant qu’être indépendant à part entière. La Tunisie a révisé toutes les lois dans le but de garantir les droits de la femme dans les différents domaines. Ainsi, la Tunisienne mariée à un étranger a le droit d’attribuer sa nationalité à ses enfants nés à l’étranger, l’approbation de la mère du mariage de sa fille ou fils est nécessaire et la discrimination dans le recrutement est interdite.

Par ailleurs, Mme Ben Ezzeddine a noté que la femme est considérée comme un réel partenaire de l’homme au sein  et en dehors de la famille en Tunisie.

Quel rôle pour les médias ?

Pour sa part, Mme Fatma Karray, rédactrice en chef du journal «Echourouk», a passé en revue «le rôle des médias dans la réduction des difficultés et la valorisation de la participation de la femme». Les médias corroborent l’image stéréotypée de la femme et répandent le modèle de la société patriarcale. «Notre temps n’est pas celui d’Al Kahina, de la reine Didon ou de Balkis la reine de Saba. Même si ces dernières se sont imposées à une époque où seule la force physique (des hommes bien entendu) comptait», a expliqué Mme Karray. La fonction réelle des médias se doit dans la traduction en termes de vidéos, son ou papier de la réalité. Le seul remède aux dérives des médias semble, selon Mme Karray, résider dans la diffusion d’une éducation fondée sur l’égalité dans les droits et les devoirs. C’est uniquement via cette éducation de tolérance que les obstacles entravant la femme de réaliser ses rêves, qui sont finalement ceux de la société aussi, disparaîtront. En outre, elle a souligné que les médias eux-mêmes ont besoin d’appliquer l’égalité. Car, malheureusement, même si un grand nombre de journalistes dans la zone arabe sont des femmes, elles contribuent peu ou jamais dans le processus de la prise de décision. Mme Nadia Hafedh Khairi, ex-directrice générale à l’Union de la Radio et de la Télévision Egyptienne I, a, dans ce contexte, affirmé que l’image de la femme égyptienne véhiculée dans les médias ne reflète pas sa réalité, notamment dans la télévision où «les feuilletons ne montrent que l’aspect négatif».
  
Par ailleurs, Mme Agharid Al-Jammal, conseillère des maladies cutanées à l’université de Aïn Chams (Egypte) a mis en exergue son expérience dans le domaine de la fabrication des médicaments.

Elle a mis en valeur le rôle de la femme dans le développement de la recherche scientifique et la promotion du secteur de l’industrie pharmaceutique dans le monde arabe.

L’image de la femme dans l’islam

M. Jaâfar Abdessalem, professeur de droit à l’université El Azhar du Caire, a indiqué que l’Islam n’a pas renié le mérite de la femme, de même qu’il ne l’a pas empêchée d’exercer ses droits politiques, économiques et sociaux. Il a indiqué qu’il ne faut pas exclure la femme, en raison de son rôle dans la gestion de la famille, et par conséquent la réalisation du progrès des peuples.
«Les défis politiques, sociaux et culturels et le rôle de l’élite dans la conscientisation sur les causes de la femme et son importance dans le renforcement de sa participation politique», est le thème de l’intervention présentée dans ce cadre par Mme Nabila Kallel, députée.

Les défis que la femme doit relever au sein de sa famille touchent entre autres à sa décision lors du mariage, à son rôle dans la promotion de la situation économique de sa famille, à la participation avec les autres membres, à l’instauration d’un dialogue fructueux et à la participation.

L’assurance de la cohésion familiale et la lutte contre le divorce, la violence et les causes du viol figurent parmi les axes fondamentaux auxquels la région arabe doit accorder plus d’attention afin de garantir une meilleure présence de la femme dans la sphère publique.
Passant en revue les défis culturels, la députée a fait le point sur la nécessité de diffuser une culture de réforme et de modernisation dans la région arabe et d’encourager  une éducation fondée sur la non-discrimination et  la distribution équilibrée des rôles entre homme et femme au sein de la société.

La diffusion de la culture de la cohabitation entre les deux sexes et l’option pour une vie solidaire, de tolérance et de paix représente une nécessité, voire le fondement de la promotion sociale.
Quant aux défis politiques, ils touchent, selon la conférencière, le droit de la femme à l’égalité, le renforcement de sa position dans les différents secteurs de développement,  l’appui de sa liberté d’opinion et la fructification de son rôle socio- économique et la consolidation de sa participation à la prise de décision.

Incitation à la prise de décision

Mettant l’accent sur les raisons sociologiques et politiques de l’inconscience juridique de la femme et sa réticence quant à la participation à la prise de décision, M. Sanim Ben Abdallah, sociologue, a relevé l’importance de la législation dans  l’instauration  d’un équilibre entre les deux sexes et la lutte contre la discrimination et la ségrégation basée sur le genre. «Les lois doivent répondre aux soucis de la femme, être en adéquation avec sa situation sociale et défendent ses droits», a-t-il expliqué. La participation de la femme à la vie politique est tributaire, a ajouté l’intervenant, de sa présence dans l’espace public et de sa capacité à convaincre son entourage de l’importance de sa contribution à la promotion sociale. L’école peut jouer de même un rôle déterminant dans l’éducation de la femme sur  la participation à la prise de décision, en renforçant sa capacité à défendre ses choix et à s’ouvrir sur son entourage.

En outre, la participation à la vie associative figure en tant que moyen efficace pour défendre les intérêts de la femme et ouvrir, larges, les perspectives de sa présence à la vie publique.

Dr Zohra Issa, psychologue et psychothérapeute, a souligné quant à elle que la femme arabe bénéficie d’une grande conscience lui permettant une meilleure participation à la vie politique et la prise de décision. Toutefois, la confusion conçue autour de cette question revient à la difficulté de réconcilier les différents rôles de la femme en tant qu’épouse, mère et femme active. Les recommandations de la psychologue varient entre l’importance de la réconciliation entre les différentes tâches de la femme, la bonne gestion du temps et de l’énergie, la diversification des préoccupations et l’amélioration du travail politique.

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