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Séminaire
sur « la Femme et le droit au logement » organisé par
l’alliance des femmes juristes de l’UNFT
en coopération avec le Centre des études
juridiques et judiciaires (Tunis- 3 juin) :
Lors de ce séminaire, la légitimité du
droit au logement pour les femmes a été rappelée.
A
une époque où la femme ne cesse
de prouver ses compétences tant sur le plan
social que sur le plan économique, son droit
au logement, aussi évident soit-il, lui est
parfois dénié à cause
de la persistance de préjugés et de
vieilles traditions. Dépourvue d’un
toit, donc d’un repère spatial à partir
duquel elle peut s’ouvrir à la société et
accomplir ses devoirs vis-à-vis d’elle-même
et de la collectivité, cette situation dans
laquelle peut se retrouver la femme, la mère
ou encore la veuve, représente un sujet d’attention
de la part des autorités.
On y a notamment évoqué la question
du partage des biens. Une question qui reste incomprise
par certains. Le partage des biens a fait l’objet
d’une réforme particulière qui
protège les intérêts de l’épouse
en tant que partenaire conjugal, mais aussi en tant
que mère chargée de la garde des enfants.
En Tunisie, le partage des biens relève d’un
choix conscient et totalement délibéré.
Les époux, au moment de signer leur contrat
de mariage, mais aussi au cours de leur vie commune,
peuvent opter pour ce partage qui assure à la
fois les droits et les devoirs de l’un et de
l’autre. Mme Samia Daoula, du Centre des études
juridiques et judiciaires, insiste sur le rôle
de cette loi, en tant que garante d’une plus
grande cohésion au sein de la famille. Elle
rappelle en ce sens la différence entre la
souplesse du cadre juridique tunisien et les contraintes
et pressions générées sur le
couple par d’autres systèmes juridiques.
Evoquant un pays européen, elle indique à son
sujet que « si les époux ne s’opposent
pas au principe du partage des biens, il est automatiquement établi
entre eux ». Or, fait-elle remarquer, cela
est de nature à créer un malaise dans
le couple. Pour profiter de la mise en commun des
biens, les époux doivent répondre à certaines
conditions : leur union doit être légale,
la possession des biens doit être attestée
par des documents de propriété... Mme
Daoula précise encore que : «Cette loi
n’inclut pas les propriétés héritées
ou acquises suite à un don, ou celles auxquelles
ne correspond aucun document de justification ».
Par ailleurs, les propriétés objet
du contrat sont essentiellement des maisons, mais
aussi des locaux commerciaux. Il est à noter
que les propriétés acquises après
le mariage et conçues pour l'habitation font
aussi partie des biens partagés. Il en va
de même pour les autres locaux, ainsi que pour
les véhicules.
Ce système, tout en
assurant la conservation des biens des deux époux,
dans le cadre de leur union ou, éventuellement,
dans une situation de divorce ou de veuvage, garantit à la
femme un logement sûr. « Le partage des
biens représente la seule mesure qui garantit
les droits de la femme au logement», affirme
Mme Wafa El Hédi, conseiller rapporteur au
sein de l’administration, qui ajoute: « Poser
la question du partage des biens au moment de signer
le contrat de mariage, bien qu’il constitue
une garantie pour la femme, n’est pas encore
pratiqué couramment en Tunisie. La femme tunisienne
a toujours du mal à parler d’éventualité de
décès ou de divorce le jour de son
mariage, et son tact lui coûte parfois très
cher ».
Il est clair qu’opter pour ce
système
relève du bon sens et d’une évolution
positive des mentalités. L’intérêt
des jeunes pour cette disposition témoigne
d’une conscience acquise concernant l’importance
primordiale des droits de la mère, en tant
qu’élément familial de base et
principal éducateur des générations
futures. Le refus d’un tel système équitable
suggère généralement un manque
de maturité. Plus de sensibilisation et surtout
plus de renseignements sur ce système sont
de mise, notamment à l’approche de la
saison des mariages, et ce, afin de minimiser les
limitations que certains font subir au droit fondamental
de la femme d’avoir un toit.
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